Burn Out - Mehdi Meklat Badroudine Said Abdallah

J’ai lu… Burn out de Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

C’est une coïncidence si ce livre aussi m’a été offert je vous assure… Ou alors je suis juste gentille et les amis aiment les gentilles personnes 😉 J’ai connu Badroudine sur l’oiseau bleu. Et quelques mois plus tard, j’ai reçu un petit paquet via la poste. J’avais vraiment hâte de le lire. En plus j’étais parmi les premiers à l’avoir reçu, j’étais tellement contente le soir où on me l’a rapporté.

Burn out c’est le scenario que les garçons (ce sont des hommes en fait :p) ont imaginé en essayant de s’expliquer un incident qui a eu lieu début Février 2013. Vous souvenez-vous du monsieur qui s’est immolé par le feu devant pôle emploi ? C’est d’ailleurs comme ça que j’ai connu Pole Emploi, c’était la 1ere fois que j’en entendais parler. Un chômeur envoie un mail au quotidien local de sa région : « je suis allé à Pole Emploi avec 5 litres d’essence pour me brûler, mais c est fermé le 12 Février 2013, alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vraiment préférable au sein de Pole emploi merci ». Le lendemain, l’homme tient parole.

L’homme s’appelait Djamal Chaar. Il avait quitté l’Algérie son pays pour s’installer en France, par amour et pour devenir clown. Il a fini par épouser Nicole, la femme qu’il aimait et qu’il avait rencontrée sur Internet lorsqu’il était encore en Algérie. Mais il n’est pas devenu clown. Il a enchainé quelques petits boulots et un jour l’usine dans laquelle il travaille ferme. Il n’arrive pas à trouver du travail après. Quelques temps après, Pôle Emploi radie Djamel Chaar et lui demande de rembourser un mois de travail non déclaré en décembre 2012. Autrement dit, il n’avait plus le droit aux allocations de chômage et ­devait rembourser de l’argent. Mais il était déjà au chômage…

Ceci est un bel hommage à l’homme. Ce n’est pas qu’un simple fait divers. C’est un roman vraiment facile à lire. Et j’ai particulièrement aimé le fait de se sentir dans la peau de plusieurs personnages à la fois. Ça te donne plusieurs angles de vue : l’homme, sa femme, sa mère, son cousin, ses amis, les agents de Pôle Emploi, ses psychologues, ses chargés de clientèle, etc…

A un moment donné je me suis demandée pourquoi je ne vois plus de clowns dans Douala. Quand j’étais au primaire il y avait les célèbres « Bobo » et « Mangetout ». On payait pour leurs spectacles. Et on se marrait. C’était super. Mais bon, ceci est une parenthèse. 😀

Au final j’ai aimé lire ce roman. Et je le recommande. Il vous touche d’une manière que je ne saurai exprimer/expliquer. J’ai retenu le nom de l’homme: Djamal Chaar. Je partage avec vous quelques passages du livre:

  • …Respecte tout le monde, même si personne ne te respecte, sois fort dans les moments seuls, accroche-toi à ta vie…

  • … La course à l’amour est une injustice. On croit partir à égalité, mais sur le chemin, c’est une autre chose. IL y a les coureurs qui attireront toujours plus l’attention que les autres, c’est inévitable. Et à côté il y a les en-bout-de-course, les quelconques. Qui se taperont le dernier arrivé, le premier venu, voilà.

  • Au village, les portes sont toujours ou vertes, on entre, bonjour, bonjour, on s’installe, on se sert un thé, même si la maison est vide, on est partout chez nous.

  • Chaque fois que quelque chose a bougé dans ce monde, ça a toujours été pour le pire. Voilà pourquoi personne ne bouge : personne n’aime provoquer l’avenir. Faudrait être fou pour provoquer l’avenir.

  • Un passé qui s’efface peut être aussi un nouveau début.

  • Parler à la radio, c’est une façon d’être un autre soi. Ou d’être soi, en mieux.

  • Le chômage c’est une manière de se consumer doucement.

  • Quand les choses ne vont pas comme elles devraient, il faut partir. Quand il y a le feu. Quand l’eau commence à monter, presque pour te noyer, il faut s’enfuir. Il ne faut pas rester. Quand la nature ou le destin te demande gentiment, de tracer ton chemin. C’est écrit, c’est comme ça. C’est le moment.

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