Black Boy - Richard Wright

J’ai lu… Black Boy de Richard Wright

– Qu’est-ce qu’il a en lui, papa ? demandai-je.

– Un peu de blanc, un peu de rouge et un peu de noir.

– Indien, blanc et nègre ?

– Oui.- Alors qu’est-ce que je suis ?

– Quand tu seras grand, on dira de toi que tu es un homme de couleur, répondit-elle. Ensuite, se tournant vers moi avec un sourire moqueur, elle demanda :

– Vous n’y voyez pas d’inconvénient, Monsieur Wright ?

Je choisis d’inaugurer cette section avec ce livre. Il s’agit d’une autobiographie de l’auteur, noir américain ayant vécu de 1908 à1960. Considéré comme le premier grand romancier noir, ce fils du Mississipi nous livre dans Black Boy ses souvenirs les plus lointains (depuis l’âge de 4 ans) et nous laisse sur notre faim à la fin (il a 19 ans vers la fin du livre).

Mon premier contact avec la condition des Noirs en Amérique (toute période confondue) fut Kunta Kinte, comme beaucoup d’enfants de ma génération. Mais côté lecture, ce fut « La case de l’oncle Tom », un roman que j’ai pris chez ma mère lorsque j’avais à peine 11 ans et je vous avoue que je ne l’ai jamais terminé. Il était si volumineux ! Et la police si petite ! Malheureusement, je ne le retrouve plus, ni dans les affaires de ma maman, ni dans les miennes. Mais parlons de Black Boy plutôt, vu que c’est le sujet.

Black Boy - Richard Wright
Black Boy – Richard Wright

Alors, d’emblée c’est un livre facile à lire. Déjà j’avais hâte de le lire, parce qu’un de mes amis me l’avait recommandé et en avait même fait un billet. Aussi parce que ce même ami a pris la peine de me l’offrir. On m’achète très facilement avec de la nourriture ET des livres vous l’aurez compris :p. Donc j’ai terminé Black Boy en une journée, tellement j’avais envie de savoir ce qui suit après chaque page (445 pages en tout).

J’avais l’impression de partager certaines émotions de Wright. Par exemple, lorsqu’il a le sentiment que dans sa famille  il est obligé de se plier aux règles imposées, explicitement ou implicitement et que ça le contrarie au plus haut point, parce qu’il se fait violence, ce n’est pas ce qu’il veut pour lui. Il veut pouvoir faire accepter aux autres sa personnalité jusque-là très imposante mais maladroitement insolente. Ou encore lorsque les romans qu’il lit le transportent aux confins de son imagination déjà très fertile. D’ailleurs, j’ai toujours cette conviction que ceux qui sont passionnés de lecture sont toujours un peu à part. Je sais pas, il y a toujours cette candeur, cette imagination très fertile, notamment dans la représentation que l’on se fait des mondes que nous découvrons au fil des lectures.

Black boy m’a donné l’envie de lire davantage les oeuvres de Wright. Ce dernier m’intrigue, j’aimerais mieux le « connaitre » et je pense qu’à travers ses écrits cela est tout à fait possible ou du moins, une partie de lui. J’ai aimé son insolence, son effronterie, preuve d’une personnalité forte dès son plus jeune âge. Sa fragilité et sa fierté m’ont tour à tour émue d’autant plus que je ne m’y attendais pas. Il y a des moments où sa timidité le paralysait, je me suis sentie rassurée quand à mes moments de timidité ou de repli sur moi-même. J’ai aussi été choquée qu’un enfant de 4 ans fréquente un bar et rentre ivre chez sa mère le soir, en emmagasinant des jurons tous aussi grossiers les uns les autres. La maxime « walk in my shoes » a pris tout son sens devant les quiproquos de la vie de Wright.

Je recommanderais définitivement ce livre pour qui a envie de connaitre la vie d’un enfant/ado dans le Sud de l’Amérique pendant les années 1900. Par contre, il ne vous apprendra rien de nouveau si vous êtes déjà rodé sur la question du racisme aux Etats-Unis notamment à cette période-là.

Voilà voilà, mes deux centimes. Si vous l’avez lu dites-moi ce que vous en avez pensé. Si vous comptez le lire, n’oubliez pas de me donner vos impressions.

Sois pas timide, laisse un commentaire :)