J’ai lu… Black Bazar de Alain Mabanckou

Parce que le derrière des femmes n’a pas de secrets pour lui, ses copains le surnomment le « Fessologue ». Lorsque je lis la première phrase de la 4e de couverture, je me dis Euye ! C’est quel livre encore ça ? J’ouvre le livre donc, je lis quelques passages, puis je referme le livre et je le pose.

Le lendemain, je sors avec pour le lire à un moment de la journée, n’importe lequel. J’ai trimbalé ce livre dans mon sac pendant des jours et des jours. Dès que je l’ouvre je sens l’ennui monter en moi. Et je me dis « ce n’est vraiment pas mon style. ». Je n’ai définitivement pas accroché. Mais c’était un cadeau, et je respecte surtout le travail de l’auteur. Je ne comprenais juste pas son œuvre.

Le livre raconte la vie quotidienne d’un Congolais à Paris. Il fréquente quasiment quotidiennement le Jip’s, un bar sis 41 rue St Denis, dans le 1er arrondissement, où ses amis l’appellent Fessologue. Ce héros – pas tant que cela, mais aussi plus que cette présentation ne permet de le supposer pour l’instant – qui est aussi le narrateur de l’histoire, est en effet attiré de façon compulsive par la face B des femmes qu’il rencontre. Il a élaboré un discours sur les derrières, qu’il fonde d’ailleurs sur une généalogie quasi biblique :  » La science du derrière existe depuis l’origine du monde quand Adam et Ève avaient tourné le dos au Seigneur » (67). Au début du roman, Fessologue est à la fois malheureux et empli de colère : sa compagne, nommée Couleur d’origine, car, quoique née en France, ses parents sont congolais, l’a quitté pour rejoindre un joueur de tam-tam, l’Hybride, que Fessologue surnomme ainsi parce qu’on dirait « un primate qui aurait raté de justesse sa mutation vers l’espèce humaine ».

Mais Fessologue tente de surmonter cette séparation en écrivant. Il a acheté une machine à écrire dans un dépôt-vente et tape dessus, comme un forcené, chez lui, au café, ou bien dans un square, « sous un lampadaire avec des clochards qui sifflaient des bouteilles de rouge ». Il raconte son existence, ses rencontres, ses amitiés, ses renoncements. Beaucoup de thèmes passent dans son gueuloir intérieur : ses rêves, qui virent parfois au cauchemar, le trou de la sécurité sociale, les souvenirs du pays quitté il y a bien longtemps, la façon dont il est arrivé en France, son quotidien, ses propres trahisons à l’égard de Couleur d’origine, la reconstruction de sa propre vie, et son goût pour les vêtements de luxe. Fessologue est un véritable sapeur, c’est-à-dire un membre éminent de la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes, bien connue du côté de Brazzaville.

(Source : Agricultures)

Il y a des passages qui m’ont poussé à googler des noms que je voyais souvent passer sans chercher à en savoir un peu plus ou bien qui me disaient juste quelque chose sans plus. Je pense ici à:

  • Jonas Savimbi (un twitto sur ma TL porte ce nom en twitname),
  • Joséphine de Beauharnais (une twitta avait parlé aussi de la décapitation de la statue de cette dame en Martinique et nous avait invités à en savoir plus),
  • Sékou Toure (je ne connaissais absolument pas l’histoire des camps de la mort),
  • ou encore Chaka Zulu (le monstre sanguinaire).

D’autres passages m’ont fait rire aussi je dois l’avouer, comme celui ci « j ai éclaté de rire parce qu’il était habillé comme un broussard avec sa cravate qui ressemblait à l intestin grêle d’un pingouin » (vraiment si Blingcool ne rit pas ici c’est que je ne sais pas). Sinon, j’ai aimé le pragmatisme de Fessologue à un moment, ce qui est plutôt rare chez lui en fait. Lorsqu’il se fait insulter par un Gabonais qui a laissé entendre qu’en fait Fessologue était un type minable, que s’il se défrisait les cheveux c est parce qu’il n assume pas sa négritude, qu’il a un problème grave, qu’il fait honte a la plus belle race du monde, celle qui est à l origine de tout sur terre, il lui répond que « l homme est le boulanger de sa vie ? Donc c est a lui de pétrir son corps, de le transformer comme il l entend, un point c’est tout »

Petit point sur l’auteur: Alain Mabanckou est un écrivain et enseignant Franco-Congolais. Écrivain en résidence en 2002, il enseigna la littérature francophone à Ann Arbor pendant trois ans avant d’être embauché en 2006 par l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) où il est jusqu’à ce jour Professeur titulaire (Full Professor) de littérature francophone. Sur proposition d’Antoine Compagnon, il a été élu comme Professeur invité au Collège de France à la Chaire de Création artistique pour l’année académique 2015-2016, devenant ainsi le premier écrivain à occuper ce poste depuis sa création en 2004. (Merci wiki). Mon premier contact avec l’auteur me donne juste envie de découvrir ses autres romans. 😀

Ce que je retiens de Black Bazar : Dans la vie il ne faut jamais retourner à la case départ. Petite, je rêvais d’avoir une machine à écrire, j’en avais même choisi une, mais je ne l’ai jamais eue. Ce souvenir m’est remonté avec Black Bazar. Un point que je ne comprends pas par contre, ce livre a quand même ravivé ma flamme de vivre au Sénégal. Pour en terminer avec l’oeuvre, je vois qu’il a reçu beaucoup de critiques plutôt positives, donc ne vous fiez pas à ma subjectivité. Si vous l’avez vu, je serai curieuse de savoir ce que vous en avez pensé 🙂

Sois pas timide, laisse un commentaire :)